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Carnet d'un Aide-Soignant
vendredi 22 juin 2007, a 02:49
La discrétion

La discrétion


Un sujet plusieurs fois abordé et sous différentes formes. On pense tout de suite au dossier médical que l'on va garder précieusement dans la salle de soin. Mais chercher bien et vous aller trouver des exemples simples où la discrétion n'est pas vraiment parfaite...


« Joceline ! Tu peux venir m'aider? Madame X est dans les selles ! »


Vous voyez? Vous avez tous entendu ça au moins une fois dans un couloir de service. Et on a pas besoin de le crier pour qu'un autre patient soit au courant des problème d'un autre. Voyer l'AS venir doucement à la porte d'une chambre pour prévenir sa/son collègue que «  Tu t'occupes de la 108 moi je vais finir la douche de la 110 » Ici on notera un effort puisque les noms sont replacés par les numéros des chambres mais croyer moi, au bout de quelques mois les patients connaissent très bien les chambres ET leurs occupants... D'ailleurs au passage je vais vous faire une demande : Par pitié ne parler d'êtres humains avec des termes comme « le bain du 108 » ou encore « je fini au 102 ». On peut parler de chambre bien entendu et donc donner les numéros mais écoutez vos phrases et vous verrez que cela sonne mal. Et on ne « fini » pas un patient. Plusieurs fois entendu et, hélas, prononcé par moi aussi.



Il me reviens un autre exemple: Vous ètes à faire une toilette avec votre collègue et alors que le patient est allongé entre vous, on entend dire que « on ira à la 45 par ce qu'il a rendez-vous puis tu iras aider le 46 à aller sur le montauban. » Si si on le dis...Si un collègue rentre pour vous prévenir de quelque chose, demandez lui d'attendre une seconde et de vous dire cela dans la salle de bain par exemple, mais au dessus du lit.


Même si la porte est fermée et que vous parlez dans le couloir, sachez que tous les patients ne sont pas dur d'oreilles, voir même aiment beaucoup écouter ce qui se passe. Combien de fois j'ai appris que tel patient allait avoir une radio de contrôle pour ses selles par son voisin de chambre... Pour notre chère salle de repos c'est pareil, les murs sont fins et les portes aussi et j'ai souvent remarqué que l'on entendait très bien dans le couloir se qui se disait pendant la pause. Et, avouez le, on aime souvent parler de nos patients et des difficultés que l'on a avec certains, non?



Autre cas de manque de discrétion. Vous parler avec un patient et au fil de la discussion vous en venez à dire que « oui le voisin à un sale caractère », « il doit sortir bientôt mais c'est pas sûr et il ne le sais pas »...Nous n'avons pas à aborder ces sujet avec eux. Cela semble simple comme ça mais je peux vous assurer que cela arrive facilement quand on s'entend bien avec certains pateints. Il n'a pas à savoir que vous n'aimez pas untel ou un autre.



Dans l'autre sens, méfiez vous de ce qu'un patient vous dis au sujet d'un autre. Si cela concerne un collègue qui selon lui à mal fait son travail, je vous conseille de laisser passer ou de voir directement avec la personne concernée si besoin. Beaucoup de rumeurs partent comme cela.



Mais la discrétion n'est pas forcement verbale. Elle est aussi visuelle.



Pendant que vous faite une toilette, s'il vous plait mettez une serviette sur le patient qui se retrouve nu sur son lit. Ma directrice à l'école d'AS m'a repris plusieurs fois lors d'une évaluation (non noté heureusement) par ce que je ne mettais rien alors que je me tournais pour rincer mon gant. Cela peut parraitre bête quand on l'écrit mais pensez y quand vous le ferez, personne n'aime être le sexe à l'air même quelques secondes.



Avez-vous observé que même si l'on frappe aux porte, on n'attend jamais la réponse avant d'entrer? Et alors que vous passez l'entrée vous murmurez un « pardon » devant vos collègues et leur patient à moitié nu sur son lit. Là encore l'exemple de la serviette prend du sens...



Je parlai un peu plus haut des dossiers médicaux. Il est rares de les voir traîner ici et là même si je l'ai vu lors des visites des médecins qui traînent leurs chariots derrieres eux et laissent donc à portée de tous des infos sur tous les patients.


Mais restons plus simples chers collègues AS et pensons à ce que nous manipulons régulièrement. Les dossiers ou « cardex » contenant les déroulement des toilettes des patients. On en a tous car ils nous servent à savoir quoi faire avec chacun. Et bien vous verrez souvent ces carnets, ou fiches selon les services, posés sur les chariots de linge ou sur les rambardes des couloirs, à portée de tous.



Alors? Toujours pas de petit sourire en coin avec une phrase du genre : « c'est vraiqu'on fait comme ça »?



Personne n'est parfait et le quotidien fait que l'on oublie vite ce que provoquent nos geste ou nos paroles.



Je ferai d'ailleurs un sujet sur ces deux thèmes plus tard.



Cela fais quelques jours que je me suis amusé à faire ce blog, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, encore une fois je ne fais que noter ce que je vois et cela est décrit selon mon modeste point de vu. Si vous voulez rajouter des exemples qui mériteraient d'être notés, allez-y.



A bientôt.

 

mardi 19 juin 2007, a 23:25
La proximité soignant / patient

Notre service accueille des personnes pouvant rester de quelques mois à plus de trois ans. C'est long, très long et cela implique de revoir régulièrement notre comportement de garder cette fameuse « barrière »


Nous tutoyons facilement plusieurs patients, je sais que l'on nous déconseille cela à l'école mais que voulez-vous? Cela viens presque naturellement quand vous vous occuper des mêmes personnes pendant si longtemps 365 jours par an.


Mais il reste un risque. Comme je viens de le dire le séjour est pratiquement de 365 jours par an, 24h/24h ainsi des habitudes s'installent. Ils arrivent que certains patients nous parlent de manières familières et vice versa et souvent cela permet de créer un lien de confiance particulier qui aide dans le quotidien.


Mais il arrive par exemple que certaines de mes collègues aient été l'objet de « moqueries » ou de petites phrases peuvent mettre mal à l'aise, surtout entre jeunes. Ceci est rarement dit dans l'intention de bléssé ou choquer mais cela nous touche tout de même.

 

mardi 19 juin 2007, a 23:04
De nombreux collègues, une organisation et ses aléas.

Mais alors que pouvons-nous dire du métier d'Aide-Soignant dans ce service?

Et bien parlons quand même du quotidien. Notre travail consiste à aider les patients dans les gestes de la vie quotidienne. Et comme le quotidien dure vingt-quatre heures vous y trouverez des AS du matin (6h30- 14h00), du soir (13H00-21h00) ou du soir (20h30-7h00).


Commençons par le matin voulez vous.

Donc, arrivée 6h30. L'oeil frais comme la blouse (certaines de mes collègues se lévent à 5h00), chacun se mets à son poste.


Ahhh les postes. Et oui il faut savoir que ce service compte pas moins de 11 AS le matin pour 30 patients répartis dans 6 secteurs, je sais pour une AS de maison de retraite cela peut choquer mais je vous rassure tout de suite les matinées sont bien occupées. Et dans tout travail en équipe il y a une règle:

Plus grand est le nombre de personnels présent sur un même lieu, plus grandes sont les chances qu'un grand bazar se créé (qui à dit bordel?).


Donc nous arrivons et tout de suite un coup d'oeil (frais) se pose sur le planning pour y voir quel poste vous est attribué. Untel s'occupe de préparer les chariots de petits déjeuners, untel prépare les chariots de ménage (oui l'AS fait aussi le ménage ne l'oublions pas), untel passe prendre les températures des patients dans chaque chambre (je rappelle qu'il est entre 6h30 et 6h45...c'est là qu'être un vrai ninja silencieux se révèle être pratique) et les autres restent en salle de soins pour prendre les transmissions de la veille. Et malheur à celles et ceux qui se trompent de poste, le planning est pourant clair !! Quoi des ratures? A ce point? Ah bon d'accord...


Je redeviens sérieux deux minute pour faire une paranthèse sur ces fameux postes. Imaginez-vous un/une AS dans un service avec beaucoup de collègues. N'avez-vous jamais remarqués que dans une grande équipe vous aurez toujours une partie qui en fera plus que les autres? Attention je ne prétend pas en faire plus, j'ai moi même mes moments de flemme. Donc pour éviter « que ce soit toujours les même qui servent à manger aux patients en chambre » nous avons instaurés ce protocole.


Les avantages? Chacun sait ce qu'il a à faire et aucun plateau ne sera oublié.

Les inconvénients? L'autre extrème qui se symbolise par un comportement trop « serré », qui manque d'indulgeance voir même de bon sens.

Un exemple : l'organisation dit que le midi un AS répond aux sonnettes du début du service et un autre à celles du fond. Un patient doit être recouché par deux AS, qui va aider la première? « Pas moi, ce n'est pas mon secteur »

Le ménage de la salle à manger peux bien attendre un peu tout de même non?


 

mardi 19 juin 2007, a 23:00
Le Choc, les conséquences.

Il serai bon de faire une petite explication un peu plus technique pour comprendre certaines choses du quotidien à venir dans ce blog.


Paraplégique, Tétraplégique.

Nous parlons de personnes paralysées respectivement des membres inférieurs ou des quatres membres. Ils sont aussi appellés bléssés médulaires.

Lors du Choc, la colonne vertébrale à subie un choc ou une comprésion qui a lésée la moëlle épinière, chemin emprunté par l'influe nerveux partant du cerveau pour aller juste dans vos muscles (et moi qui disais ne pas faire dans le technique...). Plus la lésion est haute, plus la paralysie sera importante.



Les problèmes qui suivent sont plus nombreux qu'on ne le pense (moi le premier avant d'arriver dans ce service). Je me suis souvent posé la question s'il était bon de parler de tous en détails car combien de gens j'ai vu arriver suite à un accident de la route à cause d'une prise de risque?? Je vous assure que les spots de la Prévention Routière seraient très différents si l'on montrai non pas les conséquences dans l'instant mais plutôt la vie après l'accident.



Je ne m'engagerai pas plus dans ce débat. D'abord par ce que je ne veux pas dénigrer le travail de la Prévention Routière (loin de là), ni faire de la démagogie mais aussi par ce que je crois que toutes les personnes paralysées n'aimerais pas que l'on montre à tous ce qu'ils vivent aux quotidien. Et pourtant que ce quotidien est dur à vivre...

 

mardi 19 juin 2007, a 22:59
Le service

Je travaille depuis quatre ans dans un service de rééducation et de réadaptation fonctionelle. Pour faire simple nous dirons qu'ici des personnes para et tétraplégiques sont accueillies afin d'y retrouver une certaine autonomie malgré leur handicap.


Avant d'arriver chez nous ces personnes ont, souvent, subies un accident de la route (avec certaines circonstances comme alcool, drogue ou fatigue), domestique ou une maladie. Alors qu'en réa on pense au présent, à l'urgence, en rééducation on pense aux jours, semaines, mois et années suivantes (Aucune compraison entre le travail de ces deux services n'a de valeur qualitative nien entendu).


Vous venez de vivre un drame, votre corps n'est plus comme avant, comme faire pour vivre maintenant?

 

mardi 19 juin 2007, a 22:50
Présentation

Le blog sur lequel vous venez d'atterrir (par hasard?) est une sorte de journal d'un jeune Aide-Soignant, d'un âge quelconque et d'une ville quelconque.

Vous n'y trouverez pas des réflextions philosophiques sur ce métier, ni des fiches sur l'art de la toilette en technique. Non, juste une vision parmis beaucoup d'autres de cette profession .


Cela fait un peu plus de 4 ans que je fais ce métier qui mérite que l'on parle un peu de lui. Je préciserai plusieurs choses avant de me lancer dans cette idée (souflée).


Je n'ai pas et n'aurais jamais la prétention d'avoir LA vision parfaite de ce métier. Je ne suis qu'un jeune AS en début de carrière à qui il reste beaucoup de choses à apprendre. C'est pourquoi je vous demanderai de lire ce qui suis avec un certain recul ou second dégré afin d'éviter une mauvaise compréhension.


Ce métier implique une certaine discrétion. On y parle de secret médical mais avant cela je dirai simplement que nous allons parler de gens comme vous et moi et personne n'aime être exposé aux autres, encore moins ses problèmes. Je tâcherai donc de toujours garder cette idée en tête. L'exercice reste néanmoins périllieux et je m'excuse d'avance si par malheur je viens à franchir cette ligne blanche.

 
Je mets ici un lien vers le site de l'AVERPASS, Association pour la Valorisation et la Reconnaissance de la Profesion Aide Soignante

www.soignant-hospitalier.com


Présentation
Voici le carnet d'un Aide-Soignant qui décide de parler de son métier. Expériences, questions, joies, juste de quoi remplir un blog :-)

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