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Carnet d'un Aide-Soignant
vendredi 31 août 2007, a 23:35
La fin d'une période et une nouvelle étape.

Vendredi prochain je ferai ma dernière journée dans ce service de rééducation fonctionnelle.




En effet j'ai demandé une mutation en réanimation chirurgicale. Au bout d'environs trois ans et demi j'ai eu envie de changer. Je ne dirais pas que je n'ai plus rien à apprendre dans ce service, loin de là car j'en apprend encore aujourd'hui, mais j'ai le sentiment d'avoir fait un peu le tour.




Je sens aussi et surtout une certaine lassitude dans le travail. Vous savez quand il n'y a plus cette petite envie de bien faire, ce petit plus que vous voulez donner aux patients. Et bien moi c'est un peu ça. Ce service accueille des personnes qui demandent beaucoup d'attention, d'aide et de patience. Un grand investissement de soi est nécessaire et je me sens un peu «vidé». Je suis fatigué par toutes ces petites choses dont je vous ai parlé dans les précédents articles.




En toute honnêteté je dirai que les gens qui me connaissent peuvent me qualifier de « gentil ». C'est à dire le gars cool qui ne râle pas souvent et qui, en particulier dans le travail, prend le temps d'écouter et de faire ce qu'il peut pour aider. Et bien j'ai sentis au fil du temps que cette envie d'être sympa avec les patients (ou même les collègues), de faire ce petit effort en plus n'était plus. Je peux même dire que parfois je me suis sentis devenir, disons le carrément, con !




Je m'explique. Il y a eu des périodes difficiles, tensions nerveuses, fatigue physique comme morale et tout cela fait que l'on supporte moins bien les nombreuses demandes des patients. Ainsi plusieurs fois je me suis dis dans ma tête « quel chi... celui là ! » C'est moche, compréhensible mais moche. C'est là que j'ai vu un changement chez moi. Dans mon caractère, mes paroles, mes attitudes. Je suis devenu plus dur, moins patient et finalement assez différent de ce Eddie que l'on pouvait qualifier de « gentil ». Le pire fut que ce changement arriva aussi dans ma vie privée, là j'ai fais « c'est bon on passe à autre chose ». Je m'excuse d'ailleurs auprès de mes amis, ma famille et surtout auprès de ma chérie et notre petit amour pour les coups de gueules et le manque de patience auquels vous avez parfois assistés, le gentil Eddie revient, il a muri mais reste cool ;-)




Alors mesdames et messieurs les soignants, quand vous sentez ce changement en vous, quand la fatigue du travail prend le pas sur votre vie privée, partez! Changez de service ou d'établissement (dans la mesure du possible bien entendu) mais ne laissez pas ce travail faire de vous cette caricature de soignant aigri,usé par le travail que l'on c'est promis de ne pas devenir quand nous étions à l'école. Et pourtant je suis jeune et en début de carrière mais j'ai sentis que je ne faisais plus mon travail aussi bien qu'avant.




Bon mis à part ce bilan un peu triste je garde plusieurs points très positifs de ce passage.




Même si trois ans et demi cela reste une paille dans une carrière, ce fut ma plus longue période dans le même service. J'ai l'impression d'y être resté au moins cinq ou six ans. Je commençai même à me faire qualifier d'anciens par certains nouveaux du même âge :-)



 

mardi 21 août 2007, a 02:59
Des décisions, des réflextions et des règles qui font loi

Les attitudes que nous avons face aux patients sont essentielles dans notre travail. Nous ne nous occupons pas de simple objet ou produits mais bel et bien de personnes et donc une décision ne se prend pas sans réflextion.



Face à un problème, l'équipe soignant à ce que l'on apelle le protocole du service. Dans l'article précédent nous avons un problème de peau qui peut dégénérer à l'escarre et qui implique de ne pas lever le patient pour éviter tout appui sur la zone fragile. C'est décidé ainsi et pas autrement, c'est le protocole. Celui-ci a fait plusieurs fois ses preuves puisques des centaines de rougueurs ont disparues, mais il ne laisse plus beaucoup de place aux initiatives personelles et aux exceptions.


C'est un risque, à force de faire pareil pour tous on en vient à suivre les consignes sans trop réfléchir et donc à imposer NOS décisions aux patients sans trop se soucier de leur avis.


La Directrice de mon école d'Aide-Soignant nous avait mis en garde face à un attitude à laquelle on arrive facilement. Celle du « JE suis le soignant professionnel qui sait et VOUS êtes le patient qui avez besoin de MOI et de MON avis » Elle nous disais aussi qu'en effet le patient a besoin de nous aujourd'hui mais demain cele pourrai très bien être nous qui aurions besoin de lui dans un autre contexte.


Cette philosophie ne plait beaucoup car elle permet de garder un peu d'humilité et de rester humble face aux gens. Oui le patient ne sais pas au début ce que c'est qu'une escarre et comme on y arrive. Oui il a des comportements à risque vis à vis de lui même et parfois plusieurs mois ou années après l'accident. Vous pouvez, voir devez lui dire ce que vous en pensez dans son intérêt mais ensuite n'oubliez pas que cela reste son corp et sa vie et qu'il en reste le seule maître. Ne pas décider pour autres, quand on est soignant c'est difficile car on demande aux patients de nous faire confiance dans nos gestes et nos décisions.



Un petit exemple concret? Vous etes en maison de retraite ou en service de long séjour, une personne agée grogne ce matin car elle ne veux pas être lévée n'y aller à sa séance de kiné. Très souvant on verra l'équipe la forcer gentiment à se lever par ce que « vous n'allez pas rester au lit toute la journée, et puis ça va vous faire du bien de bouger... » Il n'y a pas des jours où on aimerai rester au lit?...


J'ai plusieurs fois entendu des patients que l'on apelle des « anciens » car présents dans le service depuis un moment on d'autres qui sont retournés chez eux, nous dirent qu'ils n'appliquent plus certaines méthodes proposées chez nous et qu'ils ne s'en portaient pas plus mal voir même mieux. Comme quoi l'hôpital n'a pas toujours raison.



Vous qui lisez ces lignes et qui maintenant êtes décidés à changer les choses dans votre service ou établissement, je vous souhaite bien du courage !! ;-) Car vous allez faire face à une équipe ancrée dasn ses habitudes et ses organisations inscritent dans les murs comme dans une plaque de marbre (que même Moïse il pourrai pas les briser ^^ ). On appelle cela nager contre le courant...et j'en parlerai dans le prochain article.

 

mardi 21 août 2007, a 02:28
Réaction enflammée d'un patient et réactions adaptées.


Je voudrai parler d'un jeune patient que nous avons reçu il y a quelques semaines et en particulier de ses réactions vis à vis de ce qu'il vit et des attitudes que nous pouvons avoir face à lui.



Je l'appellerai Matt. Il a 21 ans et est tétraplégique à cause d'un mauvais plongeon dans la mer et d'une vague qui a suivie... je vous laisse imaginer l'horreur de la situation.



Ce jeune homme qui est tout sauf méchant possède un caractère bien trempé. Il aime que les choses soient faites quand il le demande et comme il le veux. Alors s'installe des situation parfois problématiques selon les organisations du service et ses besoins. Il lui est même arrivé plusieurs fois de traiter de noms d'oiseaux plusieurs membres de l'équipe soignante sous le coup de la colère.



Il y a peu, un problème de peau nous a forcé à décider de ne pas lever Matt au fauteuil à cause du risque que cela ne vire à l'escarre. Quand il a appris cela il a piqer une grosse colère et a lancer des insultes aux soignants présents. Prémière réaction : vous êtes choqués par son attitude alors que vous avez agis pour sa santé et selon le protocole du service (rougeur --> pas de levé). Mais ensuite vous vous rendez compte que ce jeune homme vis un moment de drame et de frustration intense. En parlant un peu avec lui j'ai compris qu'il avait une très grande motivation pour récupérer un maximum d'autonomie et que que le fait d'être assis en fauteuil électrique lui a fait beaucoup de bien (se déplacer seul, allez dehors, voir les autres patient etc...). Et nous, nous lui demandions de rester toute une journée dans sa chambre avec une chaleur étoufante.en plus il loupai sa séance de kinésithérapie si importante à ses yeux car source de retour à l'autonomie. Cela il me le dit parmis des larmes et des insultes envers l'interne qui avait prie la décision.



Question aux soignants qui lisent ce texte : Qu'elle est la priorité dans un cas comme celui-ci? La préservation de sa peau car celle-ci est fragile et un soin d'escarre est long et lourd? Ou son bien être sachant qu'il est en grande soufrance intérieurement?



Personnellement je me pose des question car si je veux aller dans le sens de ce patient et souhaite lui donner une bouffée d'oxigène en le levant, quelques heures par exemple, j'accompagne aussi son attitude qui est la prise de risques. Plusieurs fois nous lui avons déconseillé certaines choses en prétextant qu'il se mettait en danger mais lui ne semblai pas s'en soucier (encore une fois le dénis pour ceux qui on lus l'article plus haut).



Bref il a finalement passé sa journée au lit bon grés mal grés, la peau se soigna d'elle même et il put retourner au fauteuil le lendemain.



Mais l'histoire ne se termine pas comme ça et il y a beaucoup de choses à dire de cette scène révélatrice de beaucoup de question sur notre métier et de l'hôpital.

 

lundi 20 août 2007, a 09:56
Debout !

Voici un livre que j'ai parcouru à la Fnac il y a quelques jours et qui je pense mérite toute notre attention.

Il s'appelle Debout ! et est écrit par Grégory Perrin, un homme de 33 ans tétraplégique depuis l'âge de 17 ans à la suite d'un accident de moto et qui aujourd'hui à réussi à devenir Trader (opérateur de marché en bourse).

Il commence son livre par une grève de la faim devant le Palais de L'Elysée afin d'obtenir le droit de travailler malgré son handicap. Ensuite viennent les chapitres sur son accident puis les longs mois en centre de rééducation. Viennent ensuite le combat pour cette profession qui le faisait réver : trader.

J'y ai lu des scènes que j'ai vu dans le service où je travaille sauf qu'ici vous avez la vision intime d'un patient avec ses espoirs, ses déceptions et ses coups de gueule.

Le livre mérite d'être lu par tous pour toutes ces petites choses qui compose la quotidien d'une personne en fauteuil et que nous ne pouvons pas soupçonner. Mais je le conseille aussi aux soignants qui s'occupent de personnes dans ce cas et qui trouverons ici une autre vision (du service hospitalier et de l'hôpital entre autre) et pourrons en enrichire leurs soins.

Bonne lecture.

P.S. Julia si tu passe par là je pense que tu aimeras ;-)

jeudi 09 août 2007, a 09:13
Des comportements qui posent questions.

J'ai souvent vu des comportements de patients que je n'ai pas bien compris. Alors que vous leur proposez ce qu'il faut pour progresser ou gagner en autonomie, ils refusent et adopte une attitude de refus. Je m'explique par un exemple.



Nous avons un jeune patient tétraplégique à qui il est proposé d'avoir une opération visant à lui permettre de se faire lui même ses sondages urinaires si difficiles pour lui en fauteuil. Mais au début il a refuser cette opération, prétextant qu'il en préférai une autre qui le laisserai avec une poche à urine 24h/24h. Pourquoi ne pas vouloir la première opération qui lui donnerai plus d'autonomie dans la journée et préférer celle qui le condamne à une poche accrochée à sa jambe? Ce comportement de refus nous l'avons plusieurs fois vu chez lui mais aussi chez d'autres patients.



En cherchant un peu et en discutant avec lui nous avons pus noter une grande souffrance due à son état. Ceci est tout à fait normal mais plutôt que de lutter contre son handicap il va avoir un comportement contraire. On peut penser que cela est une forme de dénis du handicap. Le patient ne veux pas voir ce qui lui arrive et cela peut s'illustrer par des attitudes diverses : refus de soins adaptés ou qui permettrai plus d'autonomie, comportements enfantins où le patient joue avec les soignants pour avoir ce qu'il désire.



Voici un exemple de denis assez fort. Un patient est venu voir le médecin du service lors d'une consultation. Au moment de l'examiner, le médecin découvre une escarre au niveau des hanches, pas une petite mais une qui devait être là depuis plusieurs jours et qui nécessitait un appui continue. Quand le médecin à demandé comment cela a pus arriver le patient a regardé sa plaie et a dis «  c'était pas là ce matin » Ceci n'est pas possible et cette personne a bien vue son escarre mais le refus (le dénis) ne lui a pas permis d'accepter cela au point d'aller jusquà l'ignorer totalement.



Combien de fois j'ai vu des personnes en fauteuil nous tenir que « de toute façon ils remarcheront », alors que le médecin lui a dis qu'il y avait peu de chance (voir aucun) que cela arrive? On a beau savoir ce qu'il en est, on espère toujours un peu au fond de nous que « cela n'est pas vrai, qu'ils se trompent, que cela ne se passera pas comme ça avec moi... »



Le dénis est un comportement qui fait partit du processus de deuil d'une personne victime de la maladie ou du handicap, c'est presque un passage obligé qui différent selon chacun.



Pour nous soignant, quelle attitude à adopter? J'avoue que le patient dont je parlai au début m'agace souvent car il manque tellement d'ardeur et est si passif que l'on a envie de lui dire «  mais bon sang remue toi ! Pourquoi tu te laisses aller alors que tu pourrais t'en sortir mieux que ça? »



Mais comment réagirions-nous à leur place? Je pense que face à un comportement de dénis il est bon de parler avec le patient pour comprendre son attitude, prendre en compte sa souffrance mais aussi lui expliquer pourquoi son attitude n'est pas bonne et ce qui est bon de faire, mais surtout par étapes. Parfois il faut aussi accepter que la personne refuse certains soins, c'est son choix.

 

jeudi 09 août 2007, a 09:09
Une certaine discrétion

Cela fait un moment que j'hésite à parler des patients que je rencontre dans mon service de peur de porter atteinte à leur vie privée. Bien en tendu l'anonyma reste une condition sine qua non mais parler de Mme B dans un mémoire de fin d'année ou sur un blog plus largement diffusé, ily a une différence qui mérite que l'on réfléchisse un peu. Je resterai donc vigilant à ceux qui sera écrit ici.



 

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Voici le carnet d'un Aide-Soignant qui décide de parler de son métier. Expériences, questions, joies, juste de quoi remplir un blog :-)

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Réaction enflammée d'un patient et réactions adaptées. Eddie Vaillant (08/04/2008 18:47)

Bonjour. Je suis ...

Réaction enflammée d'un patient et réactions adaptées. michèle (08/04/2008 15:29)

mon papa a des escar...

Allez on s'y remet !!! lycéenne en sanitaire (07/04/2008 14:02)

Vraiment bravo ! j&#...

La galère pour venir travailler cathy du 13 (06/04/2008 21:31)

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je viens de lire vos...

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