| jeudi 09 août 2007, a 09:13 |
| Des comportements qui posent questions. |
J'ai souvent vu des comportements de
patients que je n'ai pas bien compris. Alors que vous leur proposez
ce qu'il faut pour progresser ou gagner en autonomie, ils refusent et
adopte une attitude de refus. Je m'explique par un exemple.
Nous avons un jeune patient
tétraplégique à qui il est proposé
d'avoir une opération visant à lui permettre de se
faire lui même ses sondages urinaires si difficiles pour lui en
fauteuil. Mais au début il a refuser cette opération,
prétextant qu'il en préférai une autre qui le
laisserai avec une poche à urine 24h/24h. Pourquoi ne pas
vouloir la première opération qui lui donnerai plus
d'autonomie dans la journée et préférer celle
qui le condamne à une poche accrochée à sa
jambe? Ce comportement de refus nous l'avons plusieurs fois vu chez
lui mais aussi chez d'autres patients.
En cherchant un peu et en discutant
avec lui nous avons pus noter une grande souffrance due à son
état. Ceci est tout à fait normal mais plutôt que
de lutter contre son handicap il va avoir un comportement contraire.
On peut penser que cela est une forme de dénis du handicap. Le
patient ne veux pas voir ce qui lui arrive et cela peut s'illustrer
par des attitudes diverses : refus de soins adaptés ou qui
permettrai plus d'autonomie, comportements enfantins où le
patient joue avec les soignants pour avoir ce qu'il désire.
Voici un exemple de denis assez fort.
Un patient est venu voir le médecin du service lors d'une
consultation. Au moment de l'examiner, le médecin découvre
une escarre au niveau des hanches, pas une petite mais une qui devait
être là depuis plusieurs jours et qui nécessitait
un appui continue. Quand le médecin à demandé
comment cela a pus arriver le patient a regardé sa plaie et a
dis « c'était pas là ce matin »
Ceci n'est pas possible et cette personne a bien vue son escarre mais
le refus (le dénis) ne lui a pas permis d'accepter cela au
point d'aller jusquà l'ignorer totalement.
Combien de fois j'ai vu des personnes
en fauteuil nous tenir que « de toute façon ils
remarcheront », alors que le médecin lui a dis
qu'il y avait peu de chance (voir aucun) que cela arrive? On a beau
savoir ce qu'il en est, on espère toujours un peu au fond de
nous que « cela n'est pas vrai, qu'ils se trompent, que
cela ne se passera pas comme ça avec moi... »
Le dénis est un comportement qui
fait partit du processus de deuil d'une personne victime de la
maladie ou du handicap, c'est presque un passage obligé qui
différent selon chacun.
Pour nous soignant, quelle attitude à
adopter? J'avoue que le patient dont je parlai au début
m'agace souvent car il manque tellement d'ardeur et est si passif que
l'on a envie de lui dire « mais bon sang remue toi !
Pourquoi tu te laisses aller alors que tu pourrais t'en sortir mieux
que ça? »
Mais comment réagirions-nous à
leur place? Je pense que face à un comportement de dénis
il est bon de parler avec le patient pour comprendre son attitude,
prendre en compte sa souffrance mais aussi lui expliquer pourquoi son
attitude n'est pas bonne et ce qui est bon de faire, mais surtout par
étapes. Parfois il faut aussi accepter que la personne refuse
certains soins, c'est son choix.
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